24.09.2007
Les initiatives singulières des Britanniques à Nice au XIXe siècle
La ville de Nice, par ailleurs, doit à un Anglais un peu spécial un rite que les Niçois connaissent bien : le coup de canon de midi. C’est en souvenir du Sir COVENTRY que l’on continue d’annoncer midi à la population. Cet Anglais qui était venu à Nice, avait fait entretenir à ses frais l’étrange signal. A l’époque le canon ne se trouvait pas au Château mais sur la terrasse de l’ancien hôtel Chauvain que l’aristocrate habitait alors.
Une fois encore les Anglais se distinguèrent par leur originalité. Ils fondèrent des associations hors du commun et s’émurent d’événements peu ordinaires. Ils furent à l’origine de la création de « l’Association Des Amis Des Arbres » créée le 18 janvier 1891. En faisait partie l’épouse de Henri Johnston LAVIS, Bourrdariat de SAINT-AUPRE. Par amour de la région, ces Anglais s’étaient mis en avant pour protéger son cadre exceptionnel. Ils influencèrent les autorités locales dans le reboisement du Mont-Boron (qui avait été défriché aux siècles précédents). Leur concours à cette grande opération contribua à faire dire à Adolphe JOANNE en 1888 :
« Soixante cinq hectares de Montboron et Montalban ont également été reboisés sur les croupes supérieures : naguère complètement nus, ainsi replantés de pins d’Alep, de pins maritimes, d’oliviers et de caroubiers, ils commencent à prendre une teinte verte. »
Leur ligue s’attacha surtout à préserver les oliviers, parfois centenaires, qui recouvraient le littoral et que l’urbanisation croissante menaçait. Une fête avait été organisée par l’association le 18 avril 1903. il existait de plus un organe propre à l’association, le Bulletin de la Société des Amis des Arbres et du Reboisement des Alpes Maritimes.
D’autre part, lors du vingt cinquième anniversaire de la Société d’Agriculture, d’Horticulture et d’Acclimatation, des cérémonies anglaises avaient eu lieu avec tous les membres éminents de la colonie. Tous les membres importants à cette rencontre étaient d’ailleurs anglais.
Une autre ligue vit le jour pendant cette période que l’on appelle Belle Epoque : il s’agit de la « Ligue contre la poussière », croisade des Anglais à laquelle prit part Lord SALISBURY. Fondée par le Docteur GUGLIELMINETTI (surnommé « M. Goudron »), la section de Beaulieu était animée par Mme Bourrdariat de SAINT-AUPRE. La ligue fut à l’origine du revêtement en «macadam» étendu le 6 octobre 1906 sur l’avenue Félix FAURE, la Promenade des Anglais et l’avenue MASSENA.
Il y avait également une « ferme d’autruches » à la Californie créée en 1905 sur un terrain de quatorze mille mètres carrés.
Le propriétaire de l’établissement, un Anglais, s’appelait Mr BELFIELD. Là, disait Paul AUGIER, « plusieurs centaines d’oiseaux faisaient grâce à leur croupion, rire toute une petite communauté de plumassiers et de chapeliers ». C’était la société anglaise « South of France Ostrich Feather Farm Ltd » qui avait fondé ce lieu hors du commun. Une soixantaine d’autruches y étaient exposées et l’établissement tirait ses revenus autant des entrées payantes que de la vente des plumes destinées à la confection des toilettes des dames153.
Les Britanniques avaient prouvé leurs délicates attentions pour les bêtes lorsqu’en 1907, la Comtesse de LAGRANGE (à qui appartenait le zoo de Cap de Croix), criblée de dettes, avait menacé d’affamer les animaux.
«Un groupe d’Américains et d’Anglais, émus, chargèrent un chariot de victuailles, enfoncèrent la porte et pistolet au poing, forcèrent l’entrée du jardin, contraignirent les gardiens, aussi amusés qu’apeurés, de servir à leurs pensionnaires un succulent déjeuner154. »
De plus Sir LIVESEY, responsable de la S.P.A. pour la circonscription, avait offert en 1902 une forte prime au propriétaire qui lui avait présenté la chèvre ou la vache la mieux soignée.
© ALANDIS Editions, L'aristocratie anglaise à Nice à la Belle Epoque, Isabelle PINTUS.
16:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pintus, anglais, nice, comté, belle époque, aristocratie, alandis

